Autidacts.org est un projet communautaire visant à attirer l’attention sur ce phénomène émergent qu’est la participation croissante - au niveau international- des personnes autistes dans les discussions et les décisions qui les concernent directement, notamment dans les sphères scientifiques, politiques et plus largement sociales. Nous épinglons ici chaque semaine quelques-unes de ces initiatives.
Sommaire :
#Récentes publications
#Semaine de Michelle Dawson
#Récentes publications
Autidacts.org, en relayant des publications, a pour objectif d’enrichir le dialogue et de favoriser une meilleure compréhension des réalités vécues par les personnes autistes, en mettant en lumière des travaux dont elles sont directement ou conjointement les auteur·rice·s. Autidacts.org se positionne comme un simple relais, mettant en avant des contributions qui participent à la co-construction des savoirs, où les perspectives autistes occupent une place centrale et légitime, pour peu qu'elles soient examinées de manière critique et selon les mêmes standards scientifiques que toute autre production académique.
En préambule :
Deux publications associées au problème de la double empathie viennent de paraître cette semaine, ce qui offre l’occasion de rappeler brièvement l’origine et l’importance de cette notion pour comprendre autrement les difficultés sociales dans l’autisme.
La notion de problème de la double empathie trouve son origine dans les travaux de Damian Milton, chercheur autiste, qui a formulé ce concept en 2012. Il s’agit d’une des premières théorisations majeures de l’autisme proposées par une personne autiste elle-même, ce qui marque un tournant essentiel dans la manière d’aborder les particularités autistiques. Milton propose que les difficultés de communication et de compréhension rencontrées entre personnes autistes et non autistes ne relèvent pas uniquement de déficits situés chez les personnes autistes, comme cela avait été largement affirmé jusque-là, mais bien d’un décalage réciproque entre des expériences du monde, des modes de pensée et des manières d’interagir différents. Autrement dit, ce problème n’est pas à sens unique : les personnes non autistes éprouvent elles aussi des difficultés à comprendre les personnes autistes, et ces malentendus sont mutuels.
Cette perspective critique s’oppose frontalement aux modèles dominants qui, pendant des décennies, ont décrit l’autisme essentiellement à travers des déficits sociaux, notamment via la théorie du « manque d’empathie », la « théorie de l’esprit défaillante » (Theory of Mind), ou encore l’idée d’une incapacité à comprendre les états mentaux d’autrui. Ces approches ont contribué à enfermer les personnes autistes dans une image de fermeture, d'indifférence sociale, voire de froideur affective. La notion de double empathie déplace ce regard pathologisant en soulignant que les interactions sociales sont avant tout des phénomènes relationnels, et que les difficultés rencontrées relèvent d’un mismatch entre deux manières d’appréhender le monde et les relations sociales, et non d’un défaut intrinsèque à l’un des deux groupes.
C’est précisément grâce à ce changement de paradigme, amorcé notamment par la prise de parole des personnes autistes dans la recherche et la conceptualisation de leur propre expérience, que peuvent aujourd’hui émerger des travaux scientifiques d’une autre nature. Les deux études présentées ci-dessous, toutes deux publiées cette semaine, en sont l’illustration directe : elles n’auraient probablement pas pu être conçues sans l’apport fondamental de la notion de problème de la double empathie et la remise en question des anciens modèles déficitaires. Ces recherches récentes s’inscrivent dans un mouvement qui considère enfin les difficultés sociales liées à l’autisme comme des phénomènes interactionnels, nécessitant de prendre en compte les perspectives croisées des personnes autistes et non autistes, plutôt que d’envisager unilatéralement des « troubles » chez les premières.
Voici les deux études récemment publiées (les auteur·rice·s avec un * ont publiquement divulgué être autistes) :
- « Qualité de la relation dans des groupes de même neurotype et mixtes d'adultes autistes et non autistes » (Février 2025)
Article de revue du type Recherche scientifique (février 2025 ; anglais), publié par Sarah Foster*, Robert Ackerman, Charlotte Wilks, Michelle Dodd*, Rachel Calderon, Danielle Ropar, Sue Fletcher-Watson, Catherine Crompton, Noah Sasson, avec le titre original « Rapport in same and mixed neurotype groups of autistic and non-autistic adults », dans la revue "Autism" Preprint, 11 pages , doi: 10.1177/13623613251320444.
Pour information, « l'autrice principale est une adulte autiste. Cette expertise expérientielle a orienté les questions de recherche, les analyses observationnelles a posteriori et l'interprétation des résultats. L'équipe du projet et les co-auteur·rice·s étaient composé·e·s de chercheur·euse·s autistes et non autistes qui ont tous contribué au développement, à la conception, à l'interprétation et à la rédaction de cette étude. »
Voici une traduction du résumé :
« Bien que les adultes autistes puissent établir un meilleur rapport dyadique avec des partenaires autistes plutôt que non autistes, il n'est pas clair si cela s'étend aux contextes de groupe. Cette étude a examiné si la qualité de la relation diffère entre des groupes d'adultes autistes, des groupes d'adultes non autistes et des groupes mixtes d'adultes autistes et non autistes, et si le fait de différer diagnostiquement du reste du groupe entraîne une qualité de la relation plus faible. Cent quarante-trois adultes ont été répartis dans l'un des quatre types de groupes de quatre participants chacun : entièrement autistes, entièrement non autistes, majorité non autiste (trois non autistes, un autiste) et majorité autiste (trois autistes, un non autiste). Les groupes ont participé à une activité de construction de 5 minutes, puis ont rempli une mesure de la qualité de la relation en 5 items évaluant leur expérience. Les groupes entièrement autistes ne différaient pas des groupes entièrement non autistes en termes de qualité de relation globale et obtenaient des scores significativement plus élevés sur deux items (le plaisir de l'interaction et la convivialité du groupe) par rapport aux deux types de groupes mixtes. Au niveau individuel, les participants autistes ont exprimé plus de facilité et de plaisir à interagir avec d'autres adultes autistes plutôt qu'avec des adultes non autistes, et leur qualité de relation diminuait à mesure que le nombre de participants non autistes augmentait dans le groupe. En revanche, la qualité de relation des participants non autistes restait relativement constante, quelle que soit la composition du groupe. Nous discutons des raisons potentielles pour lesquelles les participants autistes étaient plus affectés par la composition du groupe que les participants non autistes. »
Lien vers la bibliographie interactive de l’article : https://autidacts.org/fr/pg-ref/1523
Notons que cette étude présente plusieurs points forts notables. Tout d'abord, elle est la première à examiner expérimentalement la qualité de la relation sociale entre adultes autistes et non autistes dans des contextes de groupe, alors que les recherches précédentes s'étaient principalement concentrées sur des interactions dyadiques. En manipulant systématiquement la composition diagnostique de groupes de quatre personnes, cette étude apporte des preuves solides que les adultes autistes ressentent une qualitéde rapport social plus élevée lorsqu'iels interagissent avec d'autres adultes autistes, remettant en question le modèle du déficit social souvent associé à l'autisme. De plus, l'étude met en lumière l'impact de la composition du groupe sur le ressenti social, notamment en montrant que les adultes autistes sont plus sensibles à cette composition que les adultes non autistes.
- « Synchronie motrice sociale et rapport interactif dans les dyades autistes, non autistes et mixtes neurotypiques » (Février 2025)
Article de revue du type Recherche scientifique (février 2025 ; anglais), publié par Themis Efthimiou, Charlotte Wilks, Sarah Foster*, Michelle Dodd*, Noah Sasson, Danielle Ropar, Martin Lages, Sue Fletcher-Watson, Catherine Crompton, avec le titre original : « Social motor synchrony and interactive rapport in autistic, non-autistic, and mixed-neurotype dyads », dans la revue "Autism" Preprint, 12 pages , doi: 10.1177/13623613251319585
Pour information, deux co-auteur·rices se sont publiquement identifié·es comme autistes.
Voici une traduction du résumé :
« Dans les populations non autistes, la synchronie motrice sociale [cad. une coordination spontanée et fluide des mouvements entre plusieurs personnes] lors des interactions est associée à une augmentation de la qualité de la relation sociale – une connexion amicale marquée par une compréhension mutuelle et une aisance dans la communication. Des recherches antérieures indiquent que les personnes autistes présentent une synchronie motrice sociale plus faible lors des interactions avec des partenaires autistes et non autistes. Cependant, il n'est pas clair si cela affecte la qualité de la relation sociale, car le rôle de la synchronie dans la communication sociale peut différer pour les personnes autistes.
L'étude avait trois objectifs : premièrement, reproduire et étendre les résultats précédents concernant la réduction de la synchronie motrice sociale dans les dyades comprenant au moins une personne autiste ; deuxièmement, examiner la relation entre la synchronie et le rapport interpersonnel dans des dyades autistes (n = 12), non autistes (n = 17) et mixtes (n = 14) ; troisièmement, explorer la dépendance à la synchronie motrice pour établir un rapport chez les participants autistes et non autistes.
Nous n'avons trouvé aucune preuve que les dyades avec au moins une personne autiste présentent une synchronie motrice sociale inférieure à celles sans personne autiste. Cependant, nous avons constaté que la synchronie motrice sociale influence positivement le rapport interpersonnel davantage dans les dyades non autistes que dans les dyades autistes. Une analyse au niveau des participants a indiqué que les individus non autistes ont besoin de niveaux plus élevés de synchronie motrice sociale pour atteindre des niveaux élevés de qualité de relation sociale par rapport aux individus autistes. Ces résultats suggèrent que les personnes non autistes peuvent accorder une plus grande importance à la synchronisation des mouvements comme composante clé d'une interaction sociale réussie. »
Lien vers la bibliographie interactive de l’article : https://autidacts.org/fr/pg-ref/1533
Notons que cette étude présente plusieurs points forts majeurs. Premièrement, elle explore de manière innovante le rôle du synchronisme moteur social (SMS) dans les interactions naturelles entre adultes autistes et non autistes, un domaine encore peu étudié, notamment en dehors des contextes expérimentaux stricts. En comparant le SMS et le rapport social dans des dyades autistes, non autistes et mixtes, elle apporte des éléments importants quant à la manière dont différentes neurotypes construisent le rapport social, révélant que le SMS, souvent crucial pour les personnes non autistes, joue un rôle moindre chez les personnes autistes, qui pourraient s’appuyer davantage sur d’autres aspects comme le contenu verbal ou les intérêts communs. Cette approche permet de remettre en question l’idée selon laquelle le manque de synchronie serait systématiquement un indicateur de difficultés sociales chez les personnes autistes et met en lumière la diversité des stratégies relationnelles selon les profils neurotypiques et neuroatypiques.
Deuxièmement, l’étude se distingue par sa rigueur méthodologique, avec un protocole préenregistré et des analyses avancées, contribuant ainsi aux standards de transparence et de reproductibilité en recherche sur l’autisme. De plus, en s’appuyant sur le cadre théorique du problème de la double empathie, elle souligne l’importance de l’adaptation mutuelle dans les interactions entre personnes autistes et non autistes, plutôt que de chercher à corriger des « déficits » chez un seul groupe. Ces résultats ouvrent des perspectives précieuses pour améliorer les pratiques inclusives, notamment en valorisant des formes variées de construction du rapport social au-delà de la seule synchronie, ce qui est particulièrement pertinent dans les contextes mixtes où des attentes et des styles de communication divergents peuvent coexister.
#Semaine de Michelle Dawson
Depuis juin 2009, Michelle Dawson partage presque quotidiennement, d'abord sur Twitter, puis sur X et désormais sur Bluesky, ses lectures et commentaires de publications scientifiques sur l’autisme. Ses messages, souvent incisifs, peuvent être difficiles à décrypter pour celles et ceux qui, contrairement à elle, n’ont pas un intérêt spécifique pour la littérature scientifique sur l’autisme depuis plus de 20 ans. Chaque semaine, nous mettons en avant quelques-uns de ses commentaires.
Lien vers le compte Bluesky de Michelle Dawson: https://bsky.app/profile/autismcrisis.bsky.social

Lundi, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 18 mars 2025, intitulée : « Vers un paradigme d’accompagnement valorisant la neurodiversité: les professionnel·le·s autistes comme moteur du changement de paradigme » (nous traduisons).
Basée sur des entretiens menés auprès de onze professionnel·le·s autistes, l’étude explore comment favoriser une transformation des systèmes d’accompagnement des personnes autistes, encore largement dominés par des approches de normalisation.
Parmi les propositions ressortant de ces entretiens figure celle de constituer des groupes solides de professionnel·le·s autistes dans les milieux du soin et du soutien, ce qui permettrait de : « Discuter rapidement l’incompétence et l’incapacité supposées des personnes autistes ; réfuter l’anormalité autistique ; déstigmatiser les priorités et manières d’être autistiques ; et corriger les déséquilibres de pouvoir dans la prise de décision. »
Michelle Dawson attire l’attention sur cette citation, qui souligne la portée politique et pratique de la présence de professionnel·le·s autistes au sein même des dispositifs d’accompagnement, pour faire évoluer les pratiques vers un véritable respect de la neurodiversité.
L’étude inscrit ce changement dans le sillage du mouvement de la neurodiversité, en soulignant l’importance de dépasser les approches centrées sur la normalisation pour reconnaître et soutenir les spécificités autistiques comme faisant partie intégrante de la diversité humaine.
Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/27546330241294138
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3liw35lleus2x
Mardi, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 24 février 2025, intitulée : « Explorer les différences de l'état de repos en EEG dans l’autisme : des résultats limités à partir d’une large cohorte » (nous traduisons).
Dans cette recherche, les auteur·rice·s ont analysé des données d’EEG (électroencéphalogramme) en état de repos issues de 776 participant·e·s, afin d’identifier d’éventuelles différences neurobiologiques entre personnes autistes et non autistes.
Malgré l’ampleur de l’échantillon et l’examen de 726 variables par participant·e, les résultats se sont révélés faibles et peu reproductibles.
Comme le souligne Michelle Dawson, les auteur·rice·s indiquent que : « Bien qu’identifier des biomarqueurs simples et mesurables de l’autisme provoquerait sans aucun doute un changement de paradigme dans la manière dont l’autisme est compris et diagnostiqué, notre travail suggère que de tels biomarqueurs pourraient ne pas exister. »
L’étude met ainsi en évidence les limites des approches cherchant un marqueur unique ou stable de l’autisme, et souligne la complexité et la grande hétérogénéité des profils neurobiologiques associés à ce diagnostic. Les auteur·rice·s appellent à la prudence vis-à-vis des études qui tentent de catégoriser l’autisme comme un groupe homogène, sans prendre en compte la diversité et la complexité des parcours et des profils.
Lien mentionné dans le message :
https://molecularautism.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13229-025-00647-3
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3liyq6s2o7c2t
Mercredi, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 24 février 2025, intitulée: « Qualité de la relation dans des groupes de même neurotype et mixtes d’adultes autistes et non autistes » (nous traduisons).
Pour information le résumé de cette étude est cité plus haut dans la section « Récentes publications ».
L’étude examine la qualité des relations dans des groupes composés de personnes autistes, non autistes et mixtes. Michelle Dawson attire particulièrement l’attention sur un aspect concernant les groupes autistes lors de la construction collective de tours : « Tous les membres […] ont participé aux tâches », « Aucun·e participant·e […] n’a construit une tour séparée du reste du groupe », « Aucun groupe […] n’a recommencé à construire une tour après en avoir déjà commencé une. »
Des observations qui tranchent avec celles des groupes non autistes et mixtes, où la collaboration s’est révélée moins partagée et moins fluide, marquée par davantage de dissensions et de tendances à fragmenter le travail.
Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613251320444
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lj3725zeec2k
Jeudi, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 24 février 2025, intitulée : « Synchronie motrice sociale et rapport interactif dans les dyades autistes, non autistes et mixtes neurotypiques » (nous traduisons).
Le résumé de cette étude est également cité plus haut dans la section « Récentes publications ».
L’étude a comparé la synchronie motrice sociale (SMS) – c’est-à-dire la coordination des mouvements entre deux personnes lors d’une interaction – dans des dyades composées de deux personnes autistes, deux personnes non autistes, ou un duo mixte. Contrairement à ce qu’avaient formulé les auteur·rice·s, qui s’attendaient à ce que : « La SMS soit significativement plus élevée dans les dyades non autistes que dans celles comprenant au moins une personne autiste ». Les résultats n’ont révélé aucune différence significative entre les trois types de dyades.
Michelle Dawson met ainsi en avant ce résultat qui contredit une hypothèse répandue selon laquelle les personnes autistes auraient systématiquement des difficultés à synchroniser leurs mouvements avec d’autres lors d’interactions sociales.
Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613251319585
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lj5pyhcjbc23
Vendredi, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 28 février 2025, intitulée : « Différences liées au sexe dans les diagnostics psychiatriques précédant le diagnostic d’autisme et leur stabilité après ce diagnostic » (nous traduisons).
L’étude s’appuie sur des données nationales suédoises portant sur 72 331 personnes autistes nées entre 1990 et 2015, et explore les diagnostics psychiatriques reçus avant un diagnostic d’autisme, ainsi que la poursuite de ces diagnostics après celui-ci.
Michelle Dawson souligne en particulier cette observation des auteur·rice·s : « Les résultats corroborent les données issues de questionnaires et d’études sur les dossiers médicaux, indiquant des contacts fréquents et précoces avec des services de psychiatrie spécialisée chez les personnes autistes, sans qu’un diagnostic d’autisme ne soit posé. » (nous traduisons).
L’étude met en évidence que :
– 54,2 % des femmes autistes et 40,9 % des hommes autistes ont reçu au moins un diagnostic psychiatrique avant leur diagnostic d’autisme, les plus fréquents étant le TDAH, l’anxiété et la dépression.
– Les femmes autistes présentent des probabilités plus élevées que les hommes d’avoir reçu ces diagnostics auparavant (à l’exception des troubles psychotiques et du TDAH).
– Les femmes sont également diagnostiquées autistes plus tardivement que les hommes présentant les mêmes troubles antérieurs.
– Après le diagnostic d’autisme, la stabilité de ces diagnostics antérieurs (c’est-à-dire la poursuite des soins ou des traitements) reste très variable et est généralement inférieure à 50 %, avec des différences selon le sexe.
Ces résultats soulignent l’importance de mieux comprendre les trajectoires diagnostiques complexes, en particulier chez les femmes autistes, afin d’assurer des prises en charge adaptées et éviter les retards ou les confusions diagnostiques.
Lien mentionné dans le message :
https://acamh.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jcpp.14130
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljaatm5ins2z
Samedi, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 28 février 2025, intitulée : « Fonctionnement adaptatif dans différents contextes : comparaison des évaluations par les parents et par les jeunes autistes et non autistes » (nous traduisons).
L’étude examine les écarts entre les évaluations du fonctionnement adaptatif faites par les jeunes eux-mêmes et par leurs parents, chez 132 jeunes âgé·e·s de 16 à 24 ans (66 personnes autistes et 66 personnes non autistes).
Michelle Dawson attire l’attention sur plusieurs résultats marquants :
- « Les niveaux d’accord entre les parents et les jeunes […] étaient relativement faibles. »
- « Les jeunes autistes, mais pas les jeunes non autistes, ont évalué leurs compétences sociales en fonctionnement adaptatif significativement plus haut que leurs parents. »
L’étude met en lumière l’importance de recueillir plusieurs points de vue pour évaluer au mieux les compétences nécessaires à l’autonomie et à la vie quotidienne, particulièrement chez les personnes autistes. Les divergences observées, notamment dans les domaines social et pratique, rappellent que les parents peuvent ne pas percevoir l’ensemble des comportements, tandis que les jeunes peuvent eux-mêmes sous-estimer ou surestimer certains besoins.
Ces différences d’évaluations soulignent la nécessité d’intégrer pleinement les perceptions des personnes autistes dans la planification des soutiens et des accompagnements, afin d’améliorer leur qualité de vie.
Lien mentionné dans le message :
https://link.springer.com/article/10.1007/s10803-025-06756-5
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljctzjhxek2d
Dimanche, Michelle Dawson a partagé une revue publiée le 25 février 2025, intitulée :
« Les punitions existent, mais l’analyse du comportement évolue positivement » (nous traduisons).
Cette revue s’intéresse aux études publiées entre 2014 et 2023 ayant recours à des procédures punitives dans le cadre de l’analyse appliquée du comportement (ABA), auprès de personnes autistes et d’autres personnes en situation de handicap.
Michelle Dawson souligne notamment que, selon les auteur·rice·s : « La punition a été principalement utilisée pour la stéréotypie (68 %), suivie des comportements auto-agressifs (13 %) et des comportements agressifs ou de non-coopération (11 %). »
Bien que les auteur·rice·s cherchent à montrer des évolutions positives dans les pratiques ABA – telles qu’une augmentation des évaluations de validité sociale ou une réduction des punitions physiques –, cette revue confirme la présence continue de procédures punitives dans la prise en charge des personnes autistes.
Le maintien de telles pratiques, même atténuées, soulève des questions éthiques majeures, notamment quand elles visent des comportements tels que la stéréotypie, qui font partie des modes d’autorégulation des personnes autistes.
Malgré un discours visant à défendre l’évolution du champ, ce travail met en lumière la persistance de logiques coercitives et restrictives, régulièrement dénoncées par les personnes autistes elles-mêmes.
Lien mentionné dans le message :
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/bin.2064
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljf77po7pk2b
--
--
Vous avez repéré une erreur dans cet article, ou vous souhaitez discuter/commenter une référence ou en suggérer d'autres ? Votre avis nous intéresse !
→ contact@autidacts.org
Consulter ICI la liste des « Échos d'autidacts.org » publiés sur le site de la Maison de l'Autisme.
A la semaine prochaine...
Les articles publiés sur ce site reflètent uniquement les opinions de leurs auteur·rice·s respectif·ve·s. Le site ne peut être tenu responsable des points de vue exprimés dans ces contributions. Ces actualités sont partagées dans un souci de diversité d'opinions et pour enrichir le débat sur l'autisme.
Recommandation d'actus
🎧 Spectrophonic - Épisode 4 : William et Émilie
-
- Les témoins et témoignages
- Podcasts
-
Son
-
Maison de l'Autisme
-
Comprendre l’autisme
Groupe de parole adultes autistes
-
Les témoins et témoignages
-
Texte
-
Maison de l'Autisme
-
Comprendre l’autisme
Projet ConnectAdos – Rencontres adolescents
-
Faits d'actualité
-
Texte
-
Maison de l'Autisme
-
Le loisir