seamaine13-14
10/04/2025

Echos d'Autidacts.org - Semaines 13-14, 2025

17 articles récemment publiés dans des revues scientifiques, sur des thèmes variés, sont épinglés et commentés par des personnes autistes.
  • L’actu scientifique et neurodiversité
  • Texte
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Autidacts.org est un projet communautaire visant à attirer l’attention sur ce phénomène émergent qu’est la participation croissante - au niveau international- des personnes autistes dans les discussions et les décisions qui les concernent directement, notamment dans les sphères scientifiques, politiques et plus largement sociales. Nous épinglons ici chaque semaine quelques-unes de ces initiatives.

Sommaire :

#En bref

#Récentes publications

#Semaine de Michelle Dawson

#En bref

1. « Examen des obstacles et des facteurs facilitants à la prestation de services de santé mentale pour les personnes autistes en Irlande: une enquête auprès des psychiatres » (Avril 2025)

2. « Faire progresser l'équité en matière de soins de santé pour les personnes autistes: la santé mentale comme priorité essentielle » (Avril 2025)

3. « Vivre l'indépendance: Perspectives d'adultes autistes » (Avril 2025)

4. « Profils développementaux de jeunes enfants orientés pour suspicion de trouble du spectre de l’autisme : Étude DBPNet » (Mars 2025)

5. « Identifier et répondre aux lacunes dans le parcours académique de la recherche : conclusions du comité des jeunes chercheur·euse·s de l’INSAR » (Mars 2025)

6. « Intervention comportementale développementale naturaliste individualisée et de faible intensité chez les jeunes enfants autistes : essai contrôlé randomisé en groupe parallèle, mené en aveugle sur plusieurs centres » (Mars 2025)

7. « Les modèles de langage de grande taille déconstruisent l’intuition clinique derrière le diagnostic de l’autisme » (Mars 2025)

8. « Les environnements auditifs influencent le lien entre les traits autistiques et la qualité de vie » (Mars 2025)

9. « Reconnaissance des émotions faciales et prosodiques chez les adultes autistes : intacte mais plus lente » (Mars 2025)

10. « Incidents de noyade non intentionnelle impliquant des enfants autistes pris en charge dans les services d'urgence américains, 2016–2020 » (Mars 2025)

11. « Revue systématique des outils d’évaluation des connaissances et des attitudes vis-à-vis de la neurodiversité » (Mars 2025)

12. « Perceptions publiques du mouvement de la neurodiversité : une analyse thématique » (Mars 2025)

13. « Le phénotype autistique et les cadres dimensionnels transdiagnostiques » (Mars 2025)

14. « Comparaison de la prévalence des troubles liés à l’usage de substances entre les personnes avec et sans autisme » (Mars 2025)

15. « Les interactions de jeu entre des enfants autistes d’âge préscolaire et leurs parents sans jouets produisent des interactions plus positives que le jeu avec des jouets » (Avril 2025)

16. « Où les enfants regardent-ils lorsqu’ils visionnent des vidéos avec des sous-titres dans la même langue ? » (Avril 2025)

17. « Comparaison des pratiques de lecture partagée chez les enfants d’âge préscolaire autistes et non autistes » (à paraître en juin 2025)

#Récentes publications

Autidacts.org, en relayant des publications, a pour objectif d’enrichir le dialogue et de favoriser une meilleure compréhension des réalités vécues par les personnes autistes, en mettant en lumière des travaux dont elles sont directement ou conjointement les auteur·rice·s. Autidacts.org se positionne comme un simple relais, mettant en avant des contributions qui participent à la co-construction des savoirs, où les perspectives autistes occupent une place centrale et légitime, pour peu qu'elles soient examinées de manière critique et selon les mêmes standards scientifiques que toute autre production académique.

Voici trois articles récemment publiés (les auteur·rice·s avec un * ont publiquement divulgué être autistes) :

  • « Examen des obstacles et des facteurs facilitants à la prestation de services de santé mentale pour les personnes autistes en Irlande: une enquête auprès des psychiatres » (Avril 2025)

Article de revue du type Recherche scientifique, publié par Louise Gallagher, Laura Crane, Thomas Dinneen, Noha Ibrahim, Niamh Mulryan, Nadia Bolshakova, Adam Harris*, Linda O'Rourke, Elizabeth Pellicano, avec le titre original « Examining the barriers and facilitators to mental health service provision for autistic people in Ireland: a survey of psychiatrists », dans la revue « Irish journal of psychological medicine » Preprint, 9 pages , doi: 10.1017/ipm.2025.9

Voici une traduction du résumé :

« Contexte : Les personnes autistes présentent des niveaux élevés de troubles de la santé mentale et un risque accru de suicide tout au long de leur vie. Pourtant, elles signalent des difficultés à communiquer avec les professionnels de santé et à accéder à une gamme de services de santé. Parallèlement, dans d’autres pays, les professionnels de la santé mentale rapportent un lien entre la confiance dans le travail avec les patients autistes et le niveau de connaissances et de formation sur l’autisme auquel ils ont accès.

Méthodes : Nous avons cherché à examiner les facteurs qui aident ou entravent les professionnels de la santé mentale en Irlande lorsqu’ils travaillent avec des usagers autistes des services de santé. Un sondage en ligne utilisant des mesures quantitatives et qualitatives a été diffusé parmi les psychiatres membres du Collège des psychiatres d’Irlande, à la fois en formation et au niveau consultant, d’avril 2021 à avril 2022.

Résultats : Les connaissances sur l’autisme étaient élevées parmi les psychiatres (n = 140), mais les scores d’auto-efficacité étaient variables, en particulier en ce qui concerne les parcours de soins. L’auto-efficacité était meilleure chez les psychiatres ayant des charges de travail impliquant des enfants et des jeunes ou des personnes présentant une déficience intellectuelle concomitante. Trois grands thèmes qualitatifs ont émergé, relatifs à la capacité et à la formation des professionnels de la santé mentale, aux moyens d’améliorer la prestation des services de santé mentale pour les personnes autistes, ainsi qu’au besoin crucial de co-création et de soins affirmant la neurodiversité.

Conclusions : L’étude a mis en évidence des défis systémiques et professionnels majeurs dans la fourniture de soins de santé mentale aux personnes autistes en Irlande. Nous formulons des recommandations pour réduire ces défis et permettre le développement de soins inclusifs et fondés sur des données probantes pour les personnes autistes. »

Pour information, un quart des références citées dans cette ressource contiennent au moins un·e auteur·rice publiquement identifié·e comme autiste

Lien vers la bibliographie interactive de l’article : https://autidacts.org/fr/pg-ref/1571

  • « Faire progresser l'équité en matière de soins de santé pour les personnes autistes: la santé mentale comme priorité essentielle » (Avril 2025)

Commentaire publié par Daniel Wechsler, Will Mandy, Meng-Chuan Lai, Brian Boyd, Matthew Goodwin, Gauri Divan, Virginia Carter Leno, avec la titre original « Advancing health-care equity for autistic people: mental health as a key priority » publié dans la revue « The Lancet » Preprint, 3 pages , doi: 10.1016/s0140-6736(25)00667-1

Voici une traduction des premières lignes :

« Les personnes autistes représentent une proportion importante de la société, avec une prévalence mondiale estimée à environ 1 %. Cela correspond à environ 80 millions de personnes dans le monde, dont la majorité vit dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI). Le risque de mauvaise santé mentale est considérablement accru chez les personnes autistes, les problèmes de santé mentale apparaissant généralement tôt dans la vie. Les estimations de la prévalence à vie chez les adultes autistes avoisinent les 40 % pour les troubles anxieux et dépressifs. La prévalence d'autres troubles psychiatriques est également fortement augmentée, et les personnes autistes sont trois fois plus susceptibles de mourir par suicide.

Bien qu’elles soient plus exposées aux difficultés de santé mentale, les personnes autistes ont un accès limité à des soins appropriés et fondés sur des données probantes. Ces disparités en matière de soins de santé contribuent probablement à l’augmentation des taux de troubles mentaux et à une qualité de vie médiocre. Dans ce Commentaire, nous nous appuyons sur une variété d’expertises parmi les auteurs — y compris les modèles causaux de la santé mentale dans les populations autistes, la prestation de soins cliniques pour les personnes autistes (y compris dans les PRFI), le soutien aux personnes autistes ayant des identités minorisées, et l’expérience vécue des obstacles à l’accès à des soins de santé mentale adaptés en tant que personne autiste — et proposons des actions nécessaires pour remédier aux inégalités d’accès aux soins qui empêchent les personnes autistes de recevoir les soutiens en santé mentale dont elles ont besoin. »

Lien vers la bibliographie interactive de l’article : https://autidacts.org/fr/pg-ref/1583

  • «  Vivre l'indépendance: Perspectives d'adultes autistes  » (Avril 2025)

Article de revue du type Recherche scientifique publie par Piyali Bhattacharya, Rose Matthews*, Rae Field, Hannah Heath, Kate Woodcock, Andrew Surtees, avec le titre original « Experiencing independence: Perspectives from autistic adults », dans la revue « Journal of autism and developmental disorders » Preprint, 16 pages , doi: 10.1007/s10803-025-06812-0

Voici une traduction du résumé :

« Les critères diagnostiques de l'autisme concernent des difficultés de fonctionnement dans plusieurs domaines du développement, qui impactent souvent l'indépendance d'une personne. Il existe différentes manières de conceptualiser et de pratiquer l'indépendance, mais aucune étude antérieure ne s'était penchée sur la façon dont les adultes autistes la vivent. Cette étude qualitative visait à comprendre comment les adultes autistes définissent et expérimentent l'indépendance. Elle a été conçue pour approfondir notre compréhension de la façon dont les adultes autistes expliquent et utilisent des stratégies d'adaptation pour surmonter les obstacles à la vie autonome et atteindre le niveau d'indépendance qu'ils souhaitent. Douze entretiens semi-structurés ont été menés avec des adultes autistes vivant au Royaume-Uni. Les données ont été analysées à l'aide d'une analyse thématique réflexive. Les chercheurs ont dégagé trois thèmes principaux. Le premier thème, « L’indépendance n’est pas universelle », souligne qu'il n'existe pas de définition ou de concept unique de l'indépendance pour les personnes autistes ; ces notions sont relatives et propres à chaque individu. Le deuxième thème, « Être autiste comporte des désavantages dans un monde neurotypique », décrit les obstacles rencontrés par les adultes autistes qui recherchent l'indépendance dans une société qui privilégie les normes neurotypiques. Le troisième thème, « Trouver des moyens pour que ça fonctionne », met en lumière les stratégies utilisées par les adultes autistes pour atteindre ou maintenir leur indépendance. Les résultats de cette étude offrent une base pour de futures recherches explorant les domaines de l'indépendance chez les adultes autistes. Le désir perçu d'atteindre différents degrés d’in(ter)dépendance et la nature fluctuante de l'autosuffisance sont explorés à travers l'expérience vécue. Mieux comprendre les obstacles et les défis liés à l'indépendance pourrait permettre d'autonomiser les adultes autistes et d'améliorer les services et le soutien qui leur sont destinés. »

Lien vers la bibliographie interactive de l’article : https://autidacts.org/fr/pg-ref/1597

#Semaine de Michelle Dawson

Depuis juin 2009, Michelle Dawson partage presque quotidiennement, d'abord sur Twitter, puis sur X et désormais sur Bluesky, ses lectures et commentaires de publications scientifiques sur l’autisme. Ses messages, souvent incisifs, peuvent être difficiles à décrypter pour celles et ceux qui, contrairement à elle, n’ont pas un intérêt spécifique pour la littérature scientifique sur l’autisme depuis plus de 20 ans. Chaque semaine, nous mettons en avant quelques-uns de ses commentaires.

Lien vers le compte Bluesky de Michelle Dawson: https://bsky.app/profile/autismcrisis.bsky.social

(Graphique réalisé par nos soins pour cet article. Nous avons utilisé un script Bash pour extraire les messages publics de Michelle Dawson sur Bluesky via son API ouverte, puis un script Python pour compiler les données sous forme graphique. Nous partageons volontiers ces scripts sur demande, par email – contact@autidacts.org).

Lundi 24 mars, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 22 mars 2025, intitulée :
« Profils développementaux de jeunes enfants orientés pour suspicion de trouble du spectre de l’autisme : Étude DBPNet » (nous traduisons).

L’étude compare les profils de développement cognitif, adaptatif et langagier chez de jeunes enfants orientés pour une évaluation de l’autisme, afin d’identifier les différences entre ceux qui reçoivent un diagnostic d’autisme et ceux qui n’en reçoivent pas.

Parmi les 349 enfants de moins de 6 ans inclus dans l’étude : 250 ont été diagnostiqués autistes, 99 n’ont pas reçu de diagnostic d’autisme.

Les principales observations sont les suivantes :

  • Il n’y a pas de différence significative de niveau cognitif entre les enfants diagnostiqués autistes et ceux non diagnostiqués.
  • Les enfants autistes présentent des niveaux de langage et de fonctionnement adaptatif significativement plus faibles que les enfants non autistes.
  • Chez les enfants non autistes, les compétences en langage et en fonctionnement adaptatif sont cohérentes avec leur niveau cognitif.
  • En revanche, chez les enfants autistes, le niveau cognitif est significativement plus élevé que les compétences en langage et en adaptation.

Michelle Dawson attire l’attention sur cette remarque des auteur·rice·s :

« Un écart entre les compétences adaptatives et langagières par rapport au niveau cognitif devrait renforcer la suspicion d’autisme ».

Ces résultats soulignent l’importance d’évaluer l’ensemble des domaines du développement — au-delà du simple diagnostic catégoriel — pour élaborer des plans de soutiens adaptés.

Lien mentionné dans le message :
https://link.springer.com/article/10.1007/s10803-025-06777-0

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ll4edopryk2y

Mardi 25 mars, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 24 mars 2025, intitulée :
« Identifier et répondre aux lacunes dans le parcours académique de la recherche : conclusions du comité des jeunes chercheur·euse·s de l’INSAR » (nous traduisons).

L’article revient sur les résultats d’une enquête menée auprès des jeunes chercheur·euse·s membres de l’INSAR (International Society for Autism Research). Trois grands besoins avaient été identifiés pour soutenir la carrière académique en recherche sur l’autisme :

  • Accroître les opportunités de mise en réseau avec les acteur·rice·s clé du domaine (agences de financement, éditeur·rice·s de revues scientifiques, chercheur·euse·s confirmé·e·s).
  • Assurer la diversité et la représentativité mondiale des jeunes chercheur·euse·s dans le domaine de la recherche sur l’autisme.
  • Obtenir davantage de soutien des chercheur·euse·s senior pour sécuriser un premier financement autonome et progresser dans la carrière académique.

Michelle Dawson attire toutefois l’attention sur un point précis :

Les auteur·rice·s évoquent « un décalage entre l’énorme besoin de professionnel·le·s dans le domaine de l’autisme et le nombre limité de prestataires formés, comme le souligne une étude sur la disponibilité des praticien·ne·s ABA ».

Michelle Dawson rappelle que l’efficacité réelle des intervenant·e·s ABA pour les personnes autistes reste à ce jour sans preuve solide — et que la question des effets délétères est toujours en suspens.

Lien mentionné dans le message :
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/aur.70028

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ll752jwn622x

Mercredi 26 mars, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 26 mars 2025, intitulée :
« Intervention comportementale développementale naturaliste individualisée et de faible intensité chez les jeunes enfants autistes : essai contrôlé randomisé en groupe parallèle, mené en aveugle sur plusieurs centres » (nous traduisons).

L’étude compare l’efficacité du programme d’intervention précoce de Francfort (A-FFIP), basé sur l’ABA, avec celle des prises en charge habituelles précoces pour les jeunes enfants autistes âgés de 2 à 5 ans.

Les principales observations sont les suivantes :

  • Aucune amélioration n’a été constatée dans le domaine de la communication sociale, des capacités cognitives ou des comportements, en comparaison avec la prise en charge habituelle.
  • Les auteur·rice·s signalent toutefois que des progrès ont été relevés concernant les comportements répétitifs et certaines fonctions dites « exécutives » (comme la planification ou l’attention), mais ces résultats proviennent uniquement des évaluations faites par les parents et les enseignant·e·s, qui n’étaient pas menées en aveugle.

Lien mentionné dans le message :
https://acamh.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jcpp.14162

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llbirk4qqc26

Jeudi 27 mars, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 26 mars 2025, intitulée :
« Les modèles de langage de grande taille déconstruisent l’intuition clinique derrière le diagnostic de l’autisme » (nous traduisons).

L’étude utilise des modèles de langage de grande taille (LLM) pour analyser la logique derrière les diagnostics posés par les clinicien·ne·s à partir de milliers de comptes rendus médicaux. Les résultats mettent en lumière plusieurs éléments clés :

  • Les critères les plus distinctifs de l’autisme concernent les comportements répétitifs et stéréotypés basés sur la perception, les intérêts spécifiques et la réactivité sensorielle.
  • Cette prédominance remet en question l’accent traditionnellement mis sur les déficits d’ordre social dans la recherche et la pratique clinique.
  • L’étude suggère qu’il pourrait être nécessaire de réviser certains critères diagnostiques actuels pour mieux refléter la réalité des éléments distinctifs de l’autisme.

Michelle Dawson attire particulièrement l’attention sur cette remise en question des critères habituellement privilégiés :

« Remettant en question l’accent excessif mis sur les déficits sociaux dans la recherche et la pratique clinique» (nous traduisons).

L’approche de l’étude souligne l’importance de reconsidérer les outils de diagnostic en intégrant les apports des technologies d’intelligence artificielle, tout en recentrant l’attention sur les caractéristiques véritablement saillantes de l’autisme.

Lien mentionné dans le message :
https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(25)00213-2

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lldyzhtsf22c

Vendredi 28 mars, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 27 mars 2025, intitulée :
« Les environnements auditifs influencent le lien entre les traits autistiques et la qualité de vie » (nous traduisons).

L’étude s’intéresse à l’impact des environnements sonores sur la vie quotidienne des personnes autistes adultes (296 participant·e·s, dont 67 % avec un diagnostic officiel). Les résultats montrent notamment que :

  • Environ 75 % des participant·e·s autistes rapportent utiliser des dispositifs pour atténuer le bruit, tels que des bouchons d’oreilles ou des casques anti-bruit (intra-auriculaires ou externes), pour des durées allant de moins de 30 minutes à plus de 16 heures par jour.
  • Les environnements sonores désagréables influencent négativement la qualité de vie des personnes autistes, en particulier en amplifiant les effets de certains traits autistiques.
  • De manière frappante, le lien entre les difficultés de communication sociale non verbale et la qualité de vie est entièrement médié par l’environnement auditif : autrement dit, un environnement sonore inadapté suffit à détériorer significativement cette dimension de la vie quotidienne.

L’étude souligne l’importance de prendre en compte l’environnement sonore dans les aménagements destinés aux personnes autistes, afin d’améliorer leur qualité de vie.

Lien mentionné dans le message :
https://www.nature.com/articles/s41598-025-94585-y

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llgn4sznzs2b

Samedi 29 mars, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 27 mars 2025, intitulée :
« Reconnaissance des émotions faciales et prosodiques chez les adultes autistes : intacte mais plus lente » (nous traduisons).

L’étude cherche à mieux comprendre comment les adultes autistes reconnaissent les émotions, en comparaison avec les adultes non autistes. Sur un large échantillon de 1 239 adultes âgé·e·s de 18 à 76 ans, les résultats montrent que :

  • Les adultes autistes reconnaissent les émotions avec une précision comparable à celle des adultes non autistes.
  • Cependant, les participant·e·s autistes mettent plus de temps pour reconnaître les émotions, que ce soit à partir des expressions faciales, du regard ou des éléments prosodiques de la parole.
  • Les facteurs tels que l’âge, le niveau estimé de QI et le genre ont une influence similaire sur les deux groupes.
  • Les résultats suggèrent que les différences observées dans la littérature scientifique s'expliquent par d’autres facteurs que ceux traditionnellement examinés.

Michelle Dawson souligne en particulier cette observation des auteur·rice·s :

« Bien que les adultes autistes puissent différer dans la manière dont ils traitent les stimuli émotionnels, ils sont capables de le faire efficacement lorsqu’on leur laisse suffisamment de temps. » (nous traduisons).

Cette étude invite ainsi à reconsidérer certaines hypothèses sur les « déficits émotionnels » chez les adultes autistes, en insistant sur l’importance du facteur temps plutôt que sur la précision de la reconnaissance.

Lien mentionné dans le message :
https://link.springer.com/article/10.1007/s10803-025-06786-z

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llj2diikhk24


Dimanche 30 mars, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 27 mars 2025, intitulée :
« Incidents de noyade non intentionnelle impliquant des enfants autistes pris en charge dans les services d'urgence américains, 2016–2020 » (nous traduisons).

L’étude examine les données issues des services d'urgence américains concernant les noyades accidentelles chez des enfants âgés de 1 à 19 ans. Sur la période 2016–2020, les principales observations sont :

  • Les incidents de noyade chez les enfants autistes concernent principalement les piscines (47,45%), les plans d'eau naturels (15,55%) et les baignoires (8,08%).
  • Les enfants autistes concernés avaient plus souvent plus de 10 ans (43,20%), par rapport aux enfants non autistes (18,19%).
  • Les incidents de noyade chez les enfants autistes aboutissent plus fréquemment à une hospitalisation (35,14% contre 22,02%).
  • Surtout, une proportion significativement plus élevée d'enfants autistes est décédée des suites de ces incidents, comparativement aux autres enfants admis pour noyade aux urgences.

Les auteur·rice·s recommandent des interventions ciblées, telles qu’une surveillance accrue, des cours de natation adaptés et des mesures renforcées de sécurité environnementale.

Lien mentionné dans le message :
https://link.springer.com/article/10.1007/s10803-025-06769-0

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llll4tpk222q

(Graphique réalisé par nos soins pour cet article. Nous avons utilisé un script Bash pour extraire les messages publics de Michelle Dawson sur Bluesky via son API ouverte, puis un script Python pour compiler les données sous forme graphique. Nous partageons volontiers ces scripts sur demande, par email – contact@autidacts.org).

Lundi 31 mars, Michelle Dawson a partagé l’enregistrement d’une revue systématique à venir, intitulée : « Revue systématique des outils d’évaluation des connaissances et des attitudes vis-à-vis de la neurodiversité » (nous traduisons).

Cette revue a pour objectif de recenser et d’analyser les outils qui permettent d’évaluer :

  • Les connaissances sur la neurodiversité ;
  • Les attitudes à l’égard de la neurodiversité ;
  • Et plus largement, les instruments qui évaluent les connaissances ou les attitudes vis-à-vis de certains handicaps spécifiques (comme l’autisme), lorsque ces outils s’appuient sur le cadre conceptuel de la neurodiversité.

Ce travail s’annonce utile pour dresser un état des lieux des outils existants et pour mieux comprendre comment la neurodiversité est intégrée dans l’évaluation des perceptions et des savoirs.

Lien mentionné dans le message :
https://www.crd.york.ac.uk/PROSPERO/view/CRD420251013298

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llnxowtgw22q

Mardi 1er avril, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 29 mars 2025, intitulée : « Perceptions publiques du mouvement de la neurodiversité : une analyse thématique » (nous traduisons).

L’étude s’intéresse à la manière dont le grand public perçoit le mouvement de la neurodiversité. Les données reposent sur les réponses ouvertes de 99 adultes, dont 57 % de personnes autistes.

Les résultats principaux sont les suivants :

  • La majorité des participant·e·s approuvent le mouvement de la neurodiversité.
  • Toutefois, plusieurs critiques émergent, notamment :
    • Des inquiétudes sur le fait que le mouvement de la neurodiversité serait trop « extrême » ;
    • La perception que le mouvement pourrait exclure les perspectives des personnes avec des handicaps sévères.
  • Les participant·e·s soulignent aussi les objectifs perçus du mouvement de la neurodiversité : promouvoir l’acceptation, valoriser la diversité, aborder les questions de société, et renforcer l’autonomie des personnes neurodivergentes en élargissant leurs opportunités.

Cette étude éclaire la diversité des points de vue dans le débat public autour de la neurodiversité, et les tensions existantes entre unité du mouvement et pluralité des expériences.

Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/27546330251325973

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llqmoh65uc23

Mercredi 2 avril, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 24 mars 2025, intitulée : « Le phénotype autistique et les cadres dimensionnels transdiagnostiques » (nous traduisons).

L’article examine les limites des approches actuelles de catégorisation diagnostique de l’autisme, telles que celles du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) ou de la Classification internationale des maladies (CIM), en soulignant :

  • Des recoupements de symptômes entre différentes catégories diagnostiques ;
  • Une grande hétérogénéité au sein du diagnostic d’autisme ;
  • Une instabilité et une faible fiabilité dans certaines situations ;
  • Une difficulté à prendre en compte la diversité individuelle dans les profils autistiques.

Pour répondre à ces limites, les auteur·rice·s s’intéressent aux alternatives dites « transdiagnostiques dimensionnelles », notamment :

  • Les Research Domain Criteria (RDoC) ;
  • La Hiérarchie taxonomique de la psychopathologie (HiTOP).

Ces approches visent à dépasser les catégories figées pour adopter une vision plus nuancée et individualisée des caractéristiques psychologiques et comportementales. Toutefois, les chercheur·se·s soulignent une limite importante :

« Bien que RDoC et HiTOP offrent des perspectives prometteuses, ils sont encore en développement et ne sont pas encore prêts à remplacer la conceptualisation de l’autisme fournie par le DSM ou la CIM »

Michelle Dawson met ainsi en avant cette réflexion sur l’évolution des cadres diagnostiques et leurs implications pour la recherche et la clinique.

Lien mentionné dans le message :
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dmcn.16303

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llt37ll5xc26

Jeudi 3 avril, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 29 mars 2025, intitulée : « Comparaison de la prévalence des troubles liés à l’usage de substances entre les personnes avec et sans autisme » (nous traduisons).

L’étude s’appuie sur des données nationales issues des dossiers Medicaid pour comparer la fréquence des troubles liés à l’usage de substances chez les personnes autistes et non autistes. Les résultats montrent que :

  • 6,52 % des personnes autistes avaient un diagnostic de trouble lié à l’usage de substances, contre 16,31 % des personnes non autistes.
  • Chez les hommes, le taux est de 6,04 % pour les autistes contre 17,51 % pour les non autistes.
  • Chez les femmes, il est de 8,21 % pour les autistes contre 15,55 % pour les non autistes.
  • Le risque de troubles liés à l’usage du cannabis et des hallucinogènes est plus élevé chez les personnes autistes âgées de 30 à 64 ans.
  • Ce risque semble aggravé par la présence fréquente de troubles de santé mentale associés, qui concernent la moitié des personnes autistes de l’échantillon.

Michelle Dawson attire l’attention sur le contraste entre ces chiffres et cette affirmation présente l’article :

« Les personnes autistes pourraient être exposées de manière disproportionnée au risque de troubles liés à l’usage de substances » (nous traduisons).

Cette étude rappelle que, malgré ces préoccupations, les taux observés dans cette vaste cohorte Medicaid sont systématiquement plus bas chez les personnes autistes que chez les personnes non autistes.

Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613251325282

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3llvqcuyj6k2h

Vendredi 4 avril, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 3 avril 2025, intitulée : « Les interactions de jeu entre des enfants autistes d’âge préscolaire et leurs parents sans jouets produisent des interactions plus positives que le jeu avec des jouets » (nous traduisons).

L’étude observe comment les enfants autistes et leurs parents interagissent lors de sessions de jeu avec ou sans jouets standards. Sur un échantillon de 78 garçons autistes d’âge préscolaire, les résultats mettent en lumière plusieurs éléments :

  • Lors du jeu avec des jouets standards, les enfants autistes ont tendance à utiliser les objets de manière non conventionnelle.
  • Face à cela, les parents ont fréquemment cherché à réorienter les enfants vers des formes de jeu dites « attendues », ce qui a mené à des interactions moins harmonieuses.
  • À l’inverse, lors des sessions de jeu sans jouets, la qualité des interactions était globalement plus positive pour les deux parents, sur l’ensemble des échelles d’évaluation émotionnelle utilisées par l’étude.
  • De plus, peu de différences ont été relevées entre les interactions mère-enfant et père-enfant, que ce soit avec ou sans jouets.

Ces observations suggèrent que le jeu sans jouets pourrait créer des conditions particulièrement favorables pour des échanges plus sensibles et plus harmonieux entre enfants autistes et parents. L’étude recommande d’ailleurs aux chercheurs et aux cliniciens de combiner différentes formes de jeu, incluant le jeu sans jouets, pour enrichir les expériences sociales précoces des enfants autistes.

Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613251329975

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lly6lxgf7k2n

Samedi 5 avril, Michelle Dawson a partagé une étude « autism-relevant » publiée le 2 avril 2025, intitulée : « Où les enfants regardent-ils lorsqu’ils visionnent des vidéos avec des sous-titres dans la même langue ? » (nous traduisons).

L’étude s’intéresse à l’impact des sous-titres dans la même langue que l’audio sur l’apprentissage de la lecture chez les enfants non autistes. En suivant les mouvements oculaires de 180 enfants britanniques du primaire (du CP à la sixième), les résultats révèlent plusieurs observations importantes :

  • Les enfants ayant déjà une bonne maîtrise de la lecture regardent davantage les sous-titres et y consacrent plus de temps.
  • Lorsqu’ils regardent les mots dans les sous-titres, les enfants montrent des signes clairs de lecture effective.
  • En revanche, pour les enfants en tout début d’apprentissage de la lecture, les sous-titres ne semblent pas être une aide significative.
  • Selon les auteur·rice·s, à partir de la troisième ou quatrième année de scolarité, la plupart des enfants lisent suffisamment vite pour suivre les sous-titres et en tirer un bénéfice potentiel pour leur progression en lecture.

Il serait intéressant d’explorer si ces résultats se vérifient également chez les enfants autistes. Étant donné la diversité des profils cognitifs et des styles d’apprentissage dans l’autisme, une étude similaire pourrait enrichir la compréhension des stratégies de lecture et d’attention visuelle chez ces enfants, et potentiellement ouvrir des pistes d’adaptations pédagogiques spécifiques.

Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/09567976251325789

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lm2nb72ldc2s

Dimanche 6 avril, Michelle Dawson a partagé une étude à paraître en juin 2025, intitulée : « Comparaison des pratiques de lecture partagée chez les enfants d’âge préscolaire autistes et non autistes » (nous traduisons).

L’étude s’intéresse aux pratiques de lecture partagée à domicile et à l'engagement des jeunes enfants autistes comparé à leurs pairs non autistes. Sur un échantillon de 32 enfants autistes et 32 enfants non autistes d’âge préscolaire, les résultats montrent que :

  • Les parents des deux groupes déclarent des quantités et des qualités de lecture partagée globalement similaires.
  • Toutefois, les parents d’enfants autistes indiquent devoir faire davantage d’efforts pour maintenir l’engagement de leur enfant pendant ces séances.
  • Lorsque les parents d’enfants autistes sont interrogés sur le plaisir de leur enfant à être lu, 37,5% répondent que leur enfant « apprécie beaucoup », 43,8% « apprécie modérément », 12,5% se disent « indifférents », et 6,3% « tolère mais n’apprécie pas ».
  • À titre de comparaison, dans le groupe non autiste, les réponses étaient de 93,8% « apprécie beaucoup » et 6,3% « apprécie modérément », sans aucune réponse dans les catégories « indifférent » ou « tolère mais n’apprécie pas ».
  • Les compétences linguistiques, l’engagement et le plaisir des enfants étaient significativement liés à la quantité et la qualité de la lecture partagée dans le groupe autiste.

Il est intéressant de noter que, malgré les défis rapportés par les parents pour maintenir l’engagement des enfants autistes, une majorité d’entre eux semble apprécier les moments de lecture partagée : plus de 80 % des parents déclarent que leur enfant autiste « apprécie beaucoup » ou « modérément » ces activités. Ce constat souligne l’importance de ne pas sous-estimer l’intérêt des enfants autistes pour ces échanges, qui peuvent constituer des opportunités précieuses pour renforcer le lien parent-enfant et soutenir le développement du langage.

Lien mentionné dans le message :
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S3050656525000495

Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lm54rlhqck2n

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