Autidacts.org est un projet communautaire visant à attirer l’attention sur ce phénomène émergent qu’est la participation croissante - au niveau international- des personnes autistes dans les discussions et les décisions qui les concernent directement, notamment dans les sphères scientifiques, politiques et plus largement sociales. Nous épinglons ici chaque semaine quelques-unes de ces initiatives.
En bref :
Dans ces Échos d’Autidacts, il sera question de l’épinglage et du commentaire de 16 articles publiés ces deux dernières semaines dans des revues scientifiques internationales (nous traduisons les titres) :
1. « Des débuts modestes: réflexions sur 10 ans du collectif de recherche participative sur l'autisme [PARC] » (Mars 2025)
Sommaire :
#Récentes publications relayées par Autidacts.org
#Semaine de Michelle Dawson
#Récentes publications relayées par Autidacts.org
Autidacts.org, en relayant des publications, a pour objectif d’enrichir le dialogue et de favoriser une meilleure compréhension des réalités vécues par les personnes autistes, en mettant en lumière des travaux dont elles sont directement ou conjointement les auteur·rice·s. Autidacts.org se positionne comme un simple relais, mettant en avant des contributions qui participent à la co-construction des savoirs, où les perspectives autistes occupent une place centrale et légitime, pour peu qu'elles soient examinées de manière critique et selon les mêmes standards scientifiques que toute autre production académique.
Voici deux articles récemment publiés (les auteur·rice·s avec un * ont publiquement divulgué être autistes) :
- « Des débuts modestes: réflexions sur 10 ans du collectif de recherche participative sur l'autisme [PARC]» (Mars 2025)
Il s’agit d’un article de revue du type Perspective (publié en anglais), par Damian Milton*, Allison Moore, Nicola Martin, avec le titre anglais original « From humble beginnings: reflections on 10 years of the participatory autism research collective », paru dans la revue Autism, Preprint, 2 pages, doi: 10.1177/13623613251319887.
Pour information, un tiers des auteur·rices cités dans la bibliographie de cette ressource se sont publiquement identifié·es comme autistes (6 sur 18 auteur·rices). Et trois références sur cinq citées dans cette ressource contiennent au moins un·e auteur·rice publiquement identifié·e comme autiste.
Qu’est-ce que PARC ? Voici quelques aspects clés de ce collectif:
Le Participatory Autism Research Collective (PARC) est un réseau fondé pour réunir des personnes autistes, des chercheurs et des praticiens travaillant dans le domaine de l’autisme. Son objectif principal est de favoriser l’implication directe des personnes autistes dans la recherche, en réduisant leur isolement et en encourageant des collaborations qui respectent une approche véritablement participative. Contrairement à de nombreuses structures académiques traditionnelles, PARC ne se limite pas aux chercheurs institutionnels, mais s’adresse aussi aux personnes autistes intéressées par la recherche, qu’elles soient étudiantes, indépendantes ou débutantes dans le domaine.
L’un des enjeux fondamentaux de PARC est de changer la dynamique du pouvoir dans la recherche sur l’autisme. Trop souvent, les études sont menées sans consultation ou participation significative des premières concernées. En créant un espace où les personnes autistes peuvent partager leur expertise et donner leur avis sur les recherches en cours, PARC permet une approche plus éthique et pertinente. Son engagement repose sur plusieurs axes majeurs : soutenir les chercheurs autistes dans leurs premiers pas académiques, promouvoir la recherche produite par des personnes autistes, et critiquer les études qui ne prennent pas en compte leurs besoins et perspectives.
Dans cette optique, PARC organise régulièrement des événements et des rencontres, initialement en présentiel, puis en ligne à la suite de la pandémie de Covid-19. Ces conférences adoptent un format inclusif, évitant les hiérarchies académiques classiques comme les conférences magistrales dominées par des figures d’autorité. L’accent est mis sur la participation équitable et sur un environnement où les chercheurs autistes peuvent s’exprimer librement et en toute sécurité. Ce fonctionnement a conduit à une inversion des rapports de force habituels : alors que dans d’autres contextes, les personnes autistes sont minoritaires et souvent en position de vulnérabilité, les événements PARC leur offrent un espace privilégié où elles peuvent se sentir légitimes et entendues.
Malgré ses avancées, PARC est confronté à des défis persistants, notamment en ce qui concerne la participation des personnes autistes avec des handicaps intellectuels significatifs, ainsi que l’isolement accru de certains chercheurs en raison de leur situation géographique ou d’autres formes de marginalisation. Toutefois, l’impact de PARC s’étend au-delà de son propre réseau grâce à des collaborations avec d’autres organisations et événements. En défendant un modèle de recherche participative et en favorisant une meilleure reconnaissance des contributions des chercheurs autistes, PARC continue de jouer un rôle essentiel dans l’évolution des pratiques en matière de recherche sur l’autisme.
Lien vers la bibliographie interactive de l’article : https://autidacts.org/fr/pg-ref/1536
- « Pensées et comportements suicidaires élevés et automutilation non suicidaire chez les adolescent.e.s et adultes autistes: une étude multinationale » (Mars 2025)
Il s’agit d’un Article de revue du type Recherche scientifique, par Jessica Schwartzman, Carly McMorris, Claire Brown, Julian Trollor, Mirko Uljarević, Mark Stokes, Zack Williams*, Darren Hedley, avec le titre anglais original « Elevated suicidal thoughts and behaviors and nonsuicidal self-injury in autistic youth and adults: a multinational study », publié dans la revue Autism in adulthood, Preprint, 20 pages, doi: 10.1089/aut.2024.0225.
Voici une traduction en français du résumé :
« Contexte : Les personnes autistes présentent un risque élevé de pensées et de comportements suicidaires (STB) ainsi que de comportements d’automutilation non suicidaire (NSSI). Nous avons étudié les STB et les NSSI dans différents groupes d'âge, en tenant compte des effets liés au sexe et à l'âge, dans un échantillon multinational groupé de personnes autistes anglophones, enfants et adultes.
Méthodes : Nous avons administré la Columbia-Suicide Severity Rating Scale à 245 personnes autistes sans handicap intellectuel (139 jeunes et 106 adultes ; 46,1 % de sexe féminin ; âge moyen = 24,8, écart-type de l'âge = 16,3 ans, plage = 7–70) ou à leurs tuteurs en Australie, au Canada et aux États-Unis. Les échantillons de l’étude ont été enrichis avec des personnes autistes présentant des symptômes dépressifs et suicidaires.
Résultats : La majorité des participants (87,8 %) ont rapporté des idées suicidaires et des NSSI (56,3 %). Près d'un tiers des personnes autistes (31,0 %) ont rapporté une tentative de suicide au cours de leur vie (M = 2,9 tentatives ; plage = 1–26) ; la prise de surdose était la méthode la plus courante de tentative de suicide. Le sexe n'était pas un facteur de risque significatif pour les idées suicidaires, le comportement suicidaire ou les NSSI. Des augmentations des idées suicidaires au cours de la vie ont été observées dans les groupes d’âge plus élevés, les personnes de plus de 18 ans rapportant des idées suicidaires plus sévères et plus durables que les enfants ou les adolescents. L'âge le plus jeune pour une tentative de suicide dans cet échantillon était de 7 ans, et les âges moyens de la première/initiale, de la plus létale et de la plus récente tentative de suicide chez les jeunes (n = 24) et les adultes (n = 42) étaient respectivement de 16,6, 19,2 et 20,8 ans.
Conclusion : Quel que soit le groupe d'âge, les personnes autistes tout au long de la vie constituent un groupe à haute priorité pour les stratégies de prévention du suicide, le développement d'évaluations appropriées et l’évaluation de programmes au niveau du système qui abordent efficacement le problème des décès évitables par suicide. »
Lien vers la bibliographie interactive de l’étude : https://autidacts.org/fr/pg-ref/1555
#Semaine de Michelle Dawson
Depuis juin 2009, Michelle Dawson partage presque quotidiennement, d'abord sur Twitter, puis sur X et désormais sur Bluesky, ses lectures et commentaires de publications scientifiques sur l’autisme. Ses messages, souvent incisifs, peuvent être difficiles à décrypter pour celles et ceux qui, contrairement à elle, n’ont pas un intérêt spécifique pour la littérature scientifique sur l’autisme depuis plus de 20 ans. Chaque semaine, nous mettons en avant quelques-uns de ses commentaires.
Lien vers le compte Bluesky de Michelle Dawson: https://bsky.app/profile/autismcrisis.bsky.social

Lundi 03/03, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 26 février 2025, intitulée : « Valoriser le dissensus dans la recherche basée sur l’expérience vécue : la force des savoirs expérientiels contradictoires » (nous traduisons).
Cette étude explore le rôle du dissensus (c’est-à-dire l’existence de désaccords) dans les recherches impliquant des personnes ayant une expérience vécue de la santé mentale et du handicap, notamment dans le domaine de l’autisme.
Michelle Dawson met en avant ces passages clés de l’article :
- « Les personnes ayant une expérience vécue peuvent exprimer des points de vue opposés. »
- « Le dissensus devrait être activement encouragé et valorisé, non seulement parmi les chercheur·euse·s avec une expérience vécue, mais aussi comme un atout pour l’ensemble des partenaires impliqués dans la science. »
L’article propose une approche en deux étapes pour exploiter ces divergences de manière constructive :
- Identifier les points de désaccord réels, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent être conciliés par une simple reformulation ou adaptation.
- Clarifier l’objectif épistémique de la recherche pour déterminer si le dissensus apporte une compréhension plus profonde ou si un message plus consensuel est nécessaire.
Cet article souligne que le dissensus ne devrait pas être perçu comme un problème à résoudre, mais plutôt comme une source d’innovation qui enrichit la recherche et la compréhension des réalités vécues. Chercher à imposer une seule lecture d’une réalité aussi complexe que l’autisme revient à nier la diversité des expériences vécues.
Lien mentionné dans le message :
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2215036625000033
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljhnghybck2z
Mardi 04/03, Michelle Dawson a partagé un article publié le 3 mars 2025, intitulé : « L’analyse appliquée du comportement (ABA) sous le feu des critiques : neurodiversité, esprit intact et politiques de l’autisme » (nous traduisons).
Cet article défend l’ABA en affirmant que ses praticien·ne·s seraient des « allié·e·s essentiel·le·s dans la lutte pour garantir un soutien adapté aux enfants et adultes autistes dits profonds tout au long de leur vie ».
Michelle Dawson critique cette approche en soulignant que l’article avance des arguments sans preuve pour justifier l’idée selon laquelle restreindre les droits des personnes autistes et leur appliquer des standards différenciés les aiderait, plutôt que de leur nuire.
L’article repose sur le concept d’« esprit intact », une hypothèse selon laquelle les personnes autistes les plus en difficulté sur le plan cognitif auraient en réalité des capacités intellectuelles typiques, simplement masquées par leurs difficultés d’expression. Il retrace l’histoire de cette idée, issue de la psychanalyse du milieu du XXe siècle, et examine son impact sur les politiques actuelles du handicap.
Michelle Dawson met en question la manière dont cet article utilise cette hypothèse pour défendre des pratiques controversées, sans apporter d’éléments empiriques solides pour étayer ses conclusions.
Lien mentionné dans le message :
https://link.springer.com/article/10.1007/s40614-025-00439-3
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljkbmlmtxk22
Mercredi 05/03, Michelle Dawson a partagé un commentaire publié le 3 mars 2025, intitulé : « Sur la régulation et la dérégulation des émotions en psychopathologie de l’enfance : commentaire sur Blader et al. (2025) » (nous traduisons).
Ce commentaire analyse un article de synthèse récent sur la dérégulation émotionnelle chez les enfants et adolescent·e·s en santé mentale.
Michelle Dawson met en avant une réflexion clé des auteur·rice·s :
- « ‘Dysrégulation’ est devenu un terme populaire en psychologie et en psychiatrie. »
- « La régulation émotionnelle et la dérégulation émotionnelle ont chacune leurs propres littératures vastes et distinctes, qui se chevauchent et s’entrecroisent d’une manière qui n’est pas toujours claire ou cohérente. »
L’article souligne que, malgré un volume important de recherches sur ces notions, leur définition et leur articulation restent floues. Il tente de structurer ces concepts et d’examiner comment les processus de régulation émotionnelle dysfonctionnent dans la psychopathologie infantile.
Michelle Dawson met en lumière le fait que cette analyse souligne une absence de consensus clair sur ces notions pourtant centrales en psychologie et psychiatrie.
Lien mentionné dans le message :
https://acamh.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jcpp.14141
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljmo5gjihc2n
Jeudi 06/03, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 3 mars 2025, intitulée : « Explorer la fréquence du mensonge et les expériences émotionnelles liées à la tromperie chez les adultes autistes » (nous traduisons).
L’étude analyse les comportements liés au mensonge chez 56 adultes autistes et 58 adultes non autistes, en comparant la fréquence générale du mensonge, les types de mensonges produits, les expériences émotionnelles associées à la tromperie.
Michelle Dawson met en avant plusieurs résultats clés de l’étude :
- « Les adultes autistes et non autistes ne différaient pas quant à la fréquence générale du mensonge, le moyen utilisé ou les personnes à qui ils mentaient. »
- « Toutefois, les adultes autistes rapportaient plus de culpabilité, moins de confiance en leur capacité à être cru·e·s et davantage de difficultés à mentir. »
Ces résultats montrent que les adultes autistes ne mentent pas moins fréquemment que les adultes non autistes, mais que leur expérience du mensonge est plus inconfortable. Ils signalent une moindre propension à mentir dans des contextes de groupe et un plus grand malaise face aux attentes sociales liées à la tromperie.
L’étude souligne que la mesure de la fréquence du mensonge ne suffit pas à saisir les spécificités de la tromperie chez les personnes autistes. De futures recherches devraient explorer ces comportements dans des contextes sociaux variés pour mieux comprendre les nuances de la prise de décision en situation de tromperie.
Lien mentionné dans le message :
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613251315892
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljpbef32p22o
Vendredi 07/03, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 3 mars 2025, intitulée : « Utiliser l’imitation d’objets pour établir une discrimination conditionnelle auditivo-visuelle chez des enfants diagnostiqués autistes » (nous traduisons).
Cette étude examine une procédure d’apprentissage par imitation d’objets pour aider deux enfants autistes de six ans, inscrits dans un programme ABA de 25 heures par semaine depuis l’âge de trois ans, à développer des compétences de discrimination conditionnelle entre stimuli auditifs et visuels.
Michelle Dawson souligne un passage clé de l’étude :
- « L’attribution d’aliments comestibles lors des pauses a été jugée nécessaire pour maintenir la motivation à participer aux sessions d’apprentissage. »
L’étude décrit une approche où l’enseignant modèle d’abord une action fonctionnelle avec un objet, que l’enfant doit imiter avant d’être soumis à une tâche de discrimination conditionnelle entre stimulus auditif et visuel. L’acquisition de ces compétences est ensuite mesurée par une conception expérimentale en lignes de base multiples.
Michelle Dawson met en évidence l’implication de ces méthodes ABA en 2025 : des enfants autistes de six ans, engagés dans un programme intensif depuis trois ans, nécessitent toujours une récompense alimentaire pour maintenir leur engagement dans l’apprentissage.
Lien mentionné dans le message :
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/bin.70009
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljrxv6vq222h
Samedi 08/03, Michelle Dawson a partagé une étude à paraître en mai 2025, intitulée : « ‘Pourquoi faut-il qu’une personne soit en crise pour que quelqu’un intervienne ?’ : Perspectives du personnel des équipes de soutien intensif à l’autisme » (nous traduisons).
Cette étude examine les témoignages de professionnel·le·s travaillant dans les équipes de soutien intensif (IST) du NHS en Angleterre, qui visent à prévenir l’hospitalisation des adultes autistes.
Michelle Dawson met en avant deux constats du texte :
- « Il a été reconnu internationalement que certains adultes autistes sont hospitalisés de manière inappropriée. »
- « L’hospitalisation était perçue comme ‘le dernier endroit où les personnes autistes devraient être’ en raison de l’environnement ‘angoissant’. »
L’étude identifie plusieurs facteurs permettant aux IST de limiter les hospitalisations, comme une approche collaborative et flexible. Cependant, elle met également en évidence des problèmes systémiques, notamment :
- Le manque de soutien communautaire adapté à l’autisme,
- Des ressources insuffisantes,
- Une mise en œuvre des politiques de soins parfois incohérente avec les besoins réels.
Les auteur·rice·s recommandent un élargissement des recherches impliquant directement les personnes autistes et leurs familles, afin d’améliorer l’accès à des alternatives à l’hospitalisation.
Lien mentionné dans le message :
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S3050656525000173
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljue7remcc2p
Dimanche 09/03, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 7 mars 2025, intitulée : « Phénotypage développemental approfondi chez les enfants atteints de sclérose tubéreuse complexe, avec ou sans autisme » (nous traduisons).
L’étude compare 50 enfants âgés de 2 à 16 ans atteints de sclérose tubéreuse complexe (TSC), dont 28 sont diagnostiqués autistes et 22 ne le sont pas. Elle examine leurs caractéristiques autistiques, leur niveau intellectuel, leur fonctionnement adaptatif, leurs compétences linguistiques et la présence d’autres troubles neuropsychiatriques associés à la TSC.
Michelle Dawson met en avant une donnée clé de l’étude :
- « Les enfants autistes étaient plus susceptibles d’avoir une déficience intellectuelle (79 % contre 32 %). »
Elle souligne cependant un problème méthodologique dans l’évaluation de la déficience intellectuelle (ID) dans les deux groupes : « Le diagnostic de déficience intellectuelle s’est basé sur les scores du VABS pour 57 % des autistes, contre seulement 14 % des non-autistes. »
Lien mentionné dans le message :
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dmcn.16293
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljwshey43k2r

Lundi 10/03, Michelle Dawson a partagé une méta-analyse publiée le 8 mars 2025, intitulée : « Différences minimales dans les tâches auditives et visuelles de type oddball dans l’autisme : revue systématique et méta-analyse » (nous traduisons).
L’étude examine si les personnes autistes et non autistes présentent des différences dans la perception et la reconnaissance des stimuli auditifs et visuels inhabituels, ainsi que dans leurs signatures neuronales mesurées par EEG.
Michelle Dawson met en avant deux conclusions principales de l’étude :
- « Les résultats suggèrent qu’il n’y a pas de différences significatives entre les personnes autistes et non autistes en ce qui concerne la perception, la reconnaissance ou les signatures neuronales des stimuli auditifs ou visuels inattendus. »
- « Nous n’avons trouvé aucune preuve, au niveau des études, pour soutenir l’une ou l’autre des hypothèses liées aux prédictions sensorielles. »
Cette méta-analyse remet donc en question l’idée que les paradigmes oddball—souvent utilisés pour mesurer les attentes sensorielles dans l’autisme—soient un indicateur fiable de différences de traitement sensoriel. Les auteur·rice·s suggèrent que les résultats observés dans certaines études individuelles pourraient être davantage liés à la variabilité interindividuelle qu’au diagnostic d’autisme lui-même.
Lien mentionné dans le message :
https://link.springer.com/article/10.1007/s10803-025-06772-5
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3ljz6ozt46k25
Mardi 11/03, Michelle Dawson a réagi à un article publié le 10 mars 2025, intitulé : « Un diagnostic et une intervention précoces sont essentiels, alors pourquoi cela prend-il autant de temps ? » (nous traduisons).
L’article traite des délais d’accès aux diagnostics et aux interventions pour les enfants autistes, en mettant particulièrement en avant l’ABA (Analyse appliquée du comportement) comme solution clé. Michelle Dawson souligne une mise en scène fictive dans l’article, qui vise à promouvoir l’ABA de manière biaisée. Par exemple :
- « Après le rendez-vous de Dylan, il… a commencé un programme ABA de 40 heures par semaine… un an plus tard, sa mère rapporte que Dylan est enthousiaste chaque matin à l’idée d’aller en thérapie ABA et a montré de grands progrès… »
Michelle Dawson critique ce passage en soulignant que ce récit est une fiction, utilisée de manière non éthique pour faire la promotion de l’ABA dans l’autisme. Elle met aussi en avant les conflits d’intérêts présents dans l’article.
Lien mentionné dans le message :
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0890856725001248
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lk3t6ncvg22c
Mercredi 12/03, Michelle Dawson a réagi à un essai contrôlé randomisé (RCT) publié le 11 mars 2025, intitulé : « Efficacité clinique d’un programme en ligne de psychoéducation et de psychothérapie pour les aidants d’enfants nouvellement diagnostiqués autistes : un essai contrôlé randomisé en parallèle et à évaluation masquée au Royaume-Uni (REACH-ASD) » (nous traduisons).
L’étude visait à évaluer les effets du programme Empower-Autism en le comparant à la prise en charge habituelle après un diagnostic d’autisme. Ce programme, basé sur la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), est conçu pour améliorer la santé mentale des aidant.e.s.
Toutefois, Michelle Dawson souligne un point essentiel des résultats :
- « Aucune différence claire entre les groupes n’a été trouvée concernant le stress parental, le sentiment d’auto-efficacité parentale, le climat émotionnel familial, le comportement adaptatif de l’enfant ou les difficultés émotionnelles et comportementales de l’enfant. »
Cette absence de différences notables remet en question l’impact du programme sur les aspects familiaux et parentaux, alors même que l’étude recommande son utilisation aux cliniciens et décideurs politiques.
Lien mentionné dans le message :
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2215036625000367
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lk6avuuta22g
Jeudi 13/03, Michelle Dawson a partagé une revue systématique à paraître en mai 2025, intitulée : « Propriétés psychométriques des outils de dépistage et des mesures d’évaluation de l’autisme utilisés dans les recherches impliquant des personnes âgées de 50 ans et plus » (nous traduisons).
L’étude examine les outils de dépistage et d’évaluation de l’autisme et des traits autistiques élevés chez les personnes âgées. Parmi les principaux constats :
- Les outils les plus utilisés pour cette population sont l’Autism Quotient, l’Autism Spectrum Traits et l’Échelle de Réactivité Sociale.
- Aucune étude n’a examiné les propriétés psychométriques de ces outils pour cette tranche d’âge.
- La plupart des recherches se sont concentrées sur les corrélations entre un diagnostic d’autisme ou des traits autistiques élevés et d’autres variables, sans valider la fiabilité des mesures utilisées.
Michelle Dawson met en avant une conclusion clé des auteur·rice·s :
- « Il est essentiel que de futures recherches impliquant des personnes autistes de plus de 50 ans permettent d’établir la validité et la fiabilité des outils de dépistage et d’évaluation utilisés. »
L’absence de validation psychométrique signifie que ces outils doivent être utilisés avec prudence, et que le développement de mesures spécifiquement adaptées aux adultes âgés est nécessaire.
Lien mentionné dans le message :
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S305065652500029X
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lkasits3x22n
Vendredi 14/03, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 13 mars 2025, intitulée : « Lentement mais sûrement : Similarités et différences dans le fonctionnement exécutif entre adultes autistes et non autistes » (nous traduisons).
L’étude remet en question certaines théories qui postulent des dysfonctionnements exécutifs universels chez les personnes autistes. Sur un échantillon de plus de 900 participant·e·s autistes et non autistes, les résultats montrent que :
- Les performances aux tâches de fonctionnement exécutif sont globalement similaires entre les deux groupes.
- Les participant·e·s autistes étaient plus lent·e·s, plus sensibles aux effets de l’orientation spatiale et plus sujet·te·s à certaines erreurs en mémoire de travail.
- Ces différences ne semblent pas influencées par l’âge, le genre ou le QI des participant·e·s.
- Les performances des personnes autistes varient uniquement dans la tâche de mémoire de travail au fil du temps.
L’un des points soulignés par Michelle Dawson est la conclusion des auteur·rice·s :
- « Ces résultats suggèrent que le fait d’être autiste n’implique pas nécessairement un dysfonctionnement exécutif à un niveau cognitif de base, contredisant ainsi les théories postulant des déficits universels. »
Bien que des défis puissent persister dans des environnements exigeant une exécution rapide, ces résultats offrent une perspective plus nuancée et encourageante sur les capacités exécutives des adultes autistes.
Lien mentionné dans le message :
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/aur.70015
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lkdhoc6l422g
Samedi 15/03, Michelle Dawson a partagé une étude publiée le 13 mars 2025, intitulée : « Fonctionnement social chez les enfants autistes avec un QI inférieur à la moyenne ou moyen : Peu de preuves comportementales et neuronales de différences entre les groupes » (nous traduisons).
L’étude s’intéresse à l’impact de l’aptitude intellectuelle sur le fonctionnement social des adolescent·e·s autistes, en comparant deux groupes : 41 participant·e·s autistes jugé·e·s avec une déficience intellectuelle (ID) ; 41 participant·e·s autistes avec un QI moyen.
Les résultats montrent que :
- Les différences de QI n’influencent pas les évaluations parentales du fonctionnement social au quotidien.
- Les évaluations comportementales directes révèlent des écarts uniquement pour la perception sociale, la cognition sociale et les interactions avec un·e inconnu·e amical·e, où un QI plus élevé est associé à une meilleure performance.
- L’impact du QI sur les réponses neuronales est limité à une légère variation dans la vitesse de traitement des stimuli visuels et dans la différence d’activation entre images sociales et non sociales.
- Les effets du QI ne varient pas en fonction du sexe biologique.
Michelle Dawson met en avant une incohérence dans la catégorisation des participant·e·s :
- « Dans cette étude, un autiste avec un QI de performance de 92 est jugé ID, tandis qu’un autiste avec un QI de 73 est jugé non-ID ? »
Elle souligne également que :
- « Les scores sociaux d’adaptation (ABAS) vont jusqu’à 107 chez les autistes jugé·e·s ID, contre 102 chez les autistes jugé·e·s non-ID ? »
Ces observations remettent en question la manière dont le statut ID/non-ID est attribué dans la recherche, et la pertinence des critères utilisés.
Lien mentionné dans le message :
https://link.springer.com/article/10.1007/s10803-025-06755-6
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lkfutnyl6s2h
Dimanche 16/03, Michelle Dawson a partagé une étude à paraître en avril 2025, intitulée : « La robustesse des vocalisations ressemblant à la parole chez les nourrissons typiquement développés et les nourrissons autistes » (nous traduisons).
L’étude examine la volubilité – définie comme la fréquence de production des protophones (vocalisations ressemblant à la parole) – chez : 127 nourrissons typiquement développés (TD), 44 nourrissons diagnostiqués autistes (ASD), 21 nourrissons avec un retard de développement non lié à l’autisme (DD).
Les principales observations sont :
- Tous les groupes produisent des protophones à des taux similaires (4-5 par minute) durant la première année.
- Les garçons ont une volubilité plus élevée que les filles, quel que soit le groupe.
- Chez les garçons autistes et ceux avec un retard de développement, la volubilité diminue au fil de la première année, contrairement aux nourrissons typiquement développés.
- Chez les filles, la volubilité reste plus stable.
Michelle Dawson met en avant une conclusion spécifique de l’étude :
« Au cours de la première année, la volubilité est similaire chez les nourrissons typiquement développés et ceux qui seront plus tard diagnostiqués autistes. »
Cette observation nuance certaines hypothèses sur les différences précoces dans le développement vocal des bébés autistes.
Lien mentionné dans le message :
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0891422225000332
Lien vers le message (Bluesky) :
https://bsky.app/profile/did:plc:t64dyqbb4fry5oadyqoa6kro/post/3lkicfqdjfs23
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A la semaine prochaine...
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